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Actualité

Les fraises d’Espagne : des fruits de très mauvaise qualité alimentaire

Par 16 octobre 2019octobre 24th, 2022Aucun commentaire
Par Claude-Marie Vadrot (Source : Politis jeudi 12 avril 2007)

Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici de quoi vous en dégoûter à tout jamais…

qualité alimentaire

D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises, de très mauvaise qualité alimentaire.

Une invasion de fraises sans goût

Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs un goût insipide et de très mauvaise qualité alimentaire… Si ces fruits étaient seulement fades… Après tout, seuls les consommateurs piégés se plaindraient de tels produits bradés entre deux et trois euros le kilo. Ces fraises ont parcouru 1 500 km en camion pour arriver à ces consommateurs. À dix tonnes en moyenne par véhicule, on compte 16 000 camions par an. Voilà donc un bilan carbone bien catastrophique.

Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, aux limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir. Pourtant, c’est l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe. En plus d’être de mauvaise qualité alimentaire, ces fraises sont une catastrophe écologique.

Une enquête du WWF

Une équipe d’enquêteurs du WWF-France s’est intéressée à la marée montante de cette fraise hors saison. Et leur enquête a révélé l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française. Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. Cela dit, la fraise française ne pousse pas toujours dans de meilleures conditions écologiques.

Bonjour les polluants de la qualité alimentaire

Cette agriculture couvre près de six mille hectares. Une bonne centaine d’hectares empiète en toute illégalité sur le Parc National. Officiellement, 60 % de ces cultures sont autorisées. Les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux malgré les protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production sont ensuite détruits chaque année.

Pour donner des fraises hors saison, les plants sont placés en été dans des frigos simulant l’hiver. Ce subterfuge permet d’avancer leur production. À l’automne, on nettoie et on stérilise la terre sableuse en détruisant la microfaune avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent qui attaque la couche d’ozone et qui, à ce titre, est pourtant interdit. Le second, composé de chlore et d’ammoniaque, bloque les alvéoles pulmonaires en causant ainsi de violentes douleurs. Tout cela explique cette très mauvaise qualité alimentaire des fraises espagnoles.

Un danger sanitaire pour les ouvriers agricoles

Mais qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine. Ces saisonniers, sans-papiers, sous-payés et logés dans des conditions précaires, se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique… Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.

Illégalité et impunité contre l’environnement

Les plants poussent sur un plastique noir. Ils reçoivent également une irrigation qui transporte engrais, pesticides et fongicides de la mauvaise qualité alimentaire. On alimente les cultures en eau par des forages dont la moitié sont installés de façon illégale. De plus, 80 % de ces forages tirent plus d’eau qu’ils ne sont autorisés à le faire : en moyenne 4 500 m3 par hectare.

Cela transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie. Les oiseaux migrateurs s’en vont. Petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans la région, les derniers lynx pardel disparaissent. Leur seule nourriture, les lapins, se raréfient. Tout comme la forêt, puisqu’on en a rasé 2 000 hectares pour faire place aux fraisiers.

In cauda venenum est

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont, soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles n’ont plus qu’à retourner chez eux. Ou alors ils s’exilent ailleurs en Espagne pour se faire soigner à leurs frais après avoir respiré des produits nocifs. Une bien mauvaise récompense pour une bien mauvaise qualité alimentaire.

Une agriculture jetable, une qualité alimentaire déplorable

La production et l’exportation de la fraise espagnole représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture. De plus, elle dénature la notion de saison, l’essentiel étant vendu avant le mois d’avril. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, on transférera les champs au Maroc. Les industriels espagnols de la fraise commencent déjà à s’y installer. Avant de venir de Chine, pays d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

Si vous voulez être informés correctement sur la qualité alimentaire, vous pouvez suivre nos formations de naturopathie.